Encore trop de décès maternels en France
Selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 19 janvier dernier : "Entre 70 et 75 femmes meurent pendant la grossesse ou des suites de l'accouchement chaque année en France, pour plus de 830 000 naissances recensées, et près de la moitié de ces décès pourrait être évités".
L'enquête nationale sur la mortalité maternelle (ENCMM), publiée par le BEH, a pour but de recenser tous les décès maternels afin de proposer des leçons générales sur la qualité des soins. Il s'agit ici du bilan des années 2001-2003 et 2004-2006. Les définitions adoptées sont celles de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les sources statistiques sont les données de l'État-civil (naissances et décès traités par l'Institut national de la statistique et des études économiques - Insee), les causes médicales de décès (CépiDc) et les données obstétricales de l'ENCMM (Inserm-Unité 953). Une procédure simplifiée de recueil des informations a été utilisée pour les décès 2004-2006. De nouvelles estimations de la mortalité maternelle ont été calculées (taux corrigés pour 100 000 naissances vivantes), par âge, nationalité de la mère et région. Les caractéristiques des décès (lieu, âge gestationnel, autopsie, causes obstétricales détaillées, "évitabilité") sont présentées en pourcentage des décès. Les auteurs notent que le risque de mort maternelle est trois fois plus élevé à 35-39 ans qu'à 20-24 ans, et demeure supérieur chez les femmes d'origine étrangère. Les causes obstétricales directes, à commencer par les hémorragies (25 % des cas), mais aussi les embolies amniotiques, ou encore les complications d'une hypertension sont les plus fréquentes, les attaques cérébrales, les maladies cardiaques ou les cancers comptant pour moins d'un tiers des cas. Ces affections sont retrouvées dans 7 cas sur 10, et c'est dans ce groupe que la plus grande proportion des décès pourrait être prévenue. Les auteurs soulignent aussi que 60 à 70 % des femmes décédées avaient subi une césarienne. Chez les femmes sans facteur de risque, cette intervention multiplie par 3 le risque de mortalité par rapport à un accouchement par voie basse. Il existe de grandes disparités régionales : le taux d'hémorragie est ainsi multiplié par 1,7 en Île-de-France, et par 4,3 dans les Dom-Tom.Noémie Legendre
Numéro thématique du 19 janvier 2010/n°02-03. La mortalité maternelle en France : bilan 2001-2006 - http://www.invs.sante.fr/beh/2010/02_03/index.htm
Épidémiologie des morts maternelles en France 2001-2006
Inserm : http://www.inserm-actualites.com/sante-publique/epidemiologie.html
Noémie Legendre | 10-03-2010
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